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Orphan Black

  • eligrayson22
  • 9 août 2024
  • 19 min de lecture

Dernière mise à jour : 15 août 2024


Bonjour à toustes !


La série que je vais vous présenter aujourd'hui me tient beaucoup à cœur et je suis ravi d'avoir l'opportunité de vous en parler. Série de science-fiction produite par Graeme Manson et John Fawcett pour BBC America, sa première saison est sortie en 2013. Elle se compose de cinq saisons de 10 épisodes chacune et l'année dernière a vu naître son spin-off. Je vais vous parler aujourd'hui de la série Orphan Black !


Comme à chaque fois, commençons avec un synopsis un peu plus long qu’à l’habitude: Sarah Manning, une jeune voleuse d'une vingtaine d'années, orpheline et sans le sou, assiste au suicide du détective Beth Childs, qui lui ressemble trait pour trait. Elle décide d'endosser son identité tout en effaçant sa propre existence en faisant croire qu'elle s'est ôtée la vie. Sarah est également la mère d'une petite fille, Kira, qui est gardée par la mère adoptive de Sarah, madame S. Celle-ci accepte de lui rendre à condition que Sarah puisse prouver qu'elle pouvait être une mère digne, en apportant une somme d'argent pour subvenir à leurs besoins.

Grâce aux enquêtes de Beth, Sarah apprend qu'elles ne sont pas de simples jumelles et qu'il en existe un certain nombre en Amérique du Nord et en Europe. Elle fait la connaissance de Cosima Niehaus, une scientifique spécialisée dans la génétique, et d'Alison Hendrix, une mère au foyer vivant dans une banlieue confortable, qu'elle assiste pour en apprendre plus sur leurs origines. 

Lors de son enquête, Sarah se trouve dans le feu croisé de deux entités : l'institut Dyad, un puissant consortium en biotechnologies; et les Prolétiens, un mouvement sectaire persuadé qu’elles sont des abominations et qui est à l'initiative de leur traque. Les deux entités accentuent leur chasse lorsqu'elles apprennent que Sarah, qui a échappé à leur supervision, a une petite fille, chose impossible en théorie puisque sont censées être stériles.

Sarah, ainsi que celles qu'elle considère désormais comme ses sœurs, sont tantôt en fuite face à ces organismes, tantôt dupes de leurs manipulations, tout en recherchant leurs origines.


Et maintenant, une petite présentation technique : 


- Créée par : Graeme Mason et John Fawcett


- Musique par : Trevor Yuile


- Casting principal : Tatiana Maslany, Jordan Gavaris, Dylan Bruce, Maria Doyle Kennedy, Kevin Hanchard, Michael Mando, Evelyne Brochu, Kristian Bruun, Ari Millen, Josh Vokey. 


PRÉSENTATION

Il va être assez difficile de parler de la série sans vous spoiler quoique ce soit aussi je m’excuse par avance pour les légers spoilers présents dans cet article. Je vais autant que possible tenter de les limiter ou de les signaler s’ils sont inévitables mais le principal spoiler que je ne peux éviter est le sujet principal de la série. 


À la lecture du résumé vous l’aurez sûrement compris mais un des principaux sujets de la série est le clonage humain. En effet, Sarah, Beth, Cosima, Alison et toutes les autres -toutes interprétées par Tatiana Maslany (She-Hulk, Chronique des morts-vivants, The Listener)- ne sont pas de simples jumelles mais sont des clones. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle l’institut Dyad et les Prolétiens sont à leur recherche bien qu’ils n’aient pas les mêmes intentions à leur égard s’ils les trouvent. 


SPOILER + Dans le dernier épisode de la saison 1, Cosima découvre que chaque clone a une étiquette ADN différente basée sur des paires de bases codées ASCII. En plus du code d'identification, on trouve le texte "Cet organisme et son matériel génétique dérivé sont une propriété intellectuelle restreinte." suivi d'une série de numéros de brevet. Sarah reçoit une photographie dont la légende suggère que le projet de clonage qui l'a produite s'appelait "Projet Leda". FIN SPOILER


Mais c’est assez de spoiler pour le moment, nous pouvons enfin commencer l’analyse !


CASTING

À la fin de la première saison, dix clones de différentes nationalités et de différents milieux sociaux sont révélés. D'autres clones émergent progressivement dans les saisons suivantes. Dans l'épisode 8 de la saison 2, Tony, un clone transgenre, est présenté. Toustes sont interprété.e.s par Tatiana Maslany qui à elle seule interprète un bon tiers des personnages de la série. Souvent louée par la presse pour son jeu et la complexité de ses rôles, elle mit plusieurs années avant de recevoir une quelconque récompense pour la série, au grand dam des fans et de la presse qui ne comprenaient pas la raison d’un tel fait. 

Dans son interprétation des huit principaux clones, Tatiana Maslany reçut l’aide de Kathryn Alexandre (Darknet, Saving Hope, Designated Survivor) qui lui servait de doublure et lui donnait la réplique lors des tournages de scènes où plusieurs clones interagissent. Bien qu’elle ne fut pas créditée dans les épisodes de la première saison, elle fut présente tout au long de la série. Elle n'apparaît pas à l’écran dans la peau des clones dans les épisodes diffusés mais des captations de ses mouvements et une composition en post-production ont été utilisées pour la remplacer à l’image par les performances de Tatiana Maslany. Je reviendrai un peu plus tard dans la partie EFFETS SPÉCIAUX ET ANECDOTES DE TOURNAGE sur comment les captations étaient préparées afin de faciliter le travail des comédiennes ainsi que celui des monteurs. Tatiana Maslany a dit des performances de Kathryn Alexandre : « Elle est tellement incroyable. Elle mémorise toutes les lignes, tous mes blocages, tous ses blocages, mes manières, mes impulsions ; elle mémorise, d'une manière ou d'une autre, tout cela et me le restitue avec une performance sur laquelle je peux m’appuyer pour jouer. ». Kathryn Alexandre avait travaillé comme lectrice pour les acteurs lors des auditions des étapes de casting pour la production initiale d'Orphan Black. Elle a ensuite auditionné pour le rôle de la doublure de Tatiana Maslany et a gagné la place parce que les producteurs recherchaient, selon les mots de Kathryn Alexandre, « un acteur plutôt qu'une simple doublure ».



CLONES CONNUS (SPOILER)

Au cours de la série, chaque clone du Projet Leda a sa propre existence et donc ses propres relations. Nous découvrons ainsi très tôt dans la série l’existence d’Alison Hendrix, mère de deux enfants et femme au foyer, et son mari Donnie mais aussi de Cosima Niehaus, une scientifique spécialisée dans la génétique. Toutes deux -interprétées par Tatiana Maslany- ainsi que les relations qu’elles se feront au cours de la série seront des éléments clefs de l’histoire.


Nous rencontrons également d’autres projets de clonage avec le Projet Castor. Il est révélé que les échantillons originaux des projets Castor et Leda étaient frère et sœur, faisant de tous les clones des frères et sœurs génétiques. Mais il y a un lien encore plus fort entre les deux génomes : Une femme célibataire, Kendall Malone -interprétée par Alison Steadman (The King’s Man :  Première Mission)-, est en fait l'original des deux lignées de clones du fait qu'elle est une chimère humaine. Nous apprendrons par la suite qu’en plus d’être la donneuse de l’ADN des génomes, elle est également la mère biologique de Siobhan Sadler -interprétée par Maria Doyle Kennedy (Conjuring 2 : Le Cas Enfield, Outlander, Les Tudors)- la mère adoptive de Sarah et Felix et gardienne de Kira. 

Contrairement aux clones du Projet Leda, tous les clones du Projet Castor sont conscients de leur nature clonée et ont été élevés ensemble par le Dr Virginia Coady -interprétée par Kyra Harper (Warehouse 13, The Dresden Files)- dans un cadre militaire.

Tout comme pour Tatiana Maslany, Ari Millen (Ma vie avec John F. Donovan, The Expanse) , qui interprète les clones du Projet Castor, reçut l’appui de Nick Abraham comme doublure lorsque cela fut nécessaire. 


D’autres clones clefs à l’histoire nous sont également présentés au cours de la série, qu’ils soient alliés ou non mais je vous en ai déjà beaucoup dit et ne voudrai pas non plus spoiler l'intégralité de l’histoire à celleux d’entre vous qui voudraient regarder la série. Je finirai simplement cette partie en soulignant que le dernier épisode de la série nous laisse apercevoir un compte de 274 clones Leda à échelle mondiale…


VUE D’ENSEMBLE

Je tiens à saluer le travail titanesque qu'ont dû fournir la production, Tatiana Maslany, Ari Millen ainsi que leur doublure pour être arrivés à une telle fluidité dans les transitions entre les différents plans et les nombreux (très nombreux!) rôles interprétés par les acteurs. Je dois bien avouer qu’à titre personnel, au-delà de l’histoire et de l’aspect d’enquête, c’est le jeu d’actrice de Tatiana Maslany qui m’a fait adhérer aussi rapidement à la série. Quelle performance de savoir nuancer son jeu d’actrice afin d’interpréter 17 personnages et qu’ils soient tous différents et identifiables. Bien entendu, elle ne l’a pas fait seule et l'écriture de l’histoire, l’équipe artistique ainsi que l’équipe technique ont tous contribué à ce succès.

Je voudrai également saluer le travail d’Evelyne Brochu (Tom à la ferme, Café de Flore, Paris Police 1900), Jordan Gavaris (Degrassi : Nouvelle Génération, Take Two) et Kevin Hanchard (Suicide Squad, The Expanse, Hudson & Rex) qui ont été pour moi de belles découvertes ou redécouvertes et qui donnent à cette série un petit sentiment de familier et de chaleureux. 


Le rôle que tient Matt Frewer (Watchmen, Supernatural, Hercule) est également très important et permet d’apporter une nuance de toxique supplémentaire dans cet univers aux morales douteuses.


THÉMATIQUES


En parlant des morales de cette série et notamment celles des personnages, je voudrais m’arrêter quelques instants sur certaines thématiques qui sont mises en exergue selon moi par la série afin d’ouvrir le dialogue dans l’esprit des spectateurs à propos de ces sujets.


Une des premières thématiques qui est rapidement soulignée dès les premiers épisodes est la remise en cause du patriarcat. Entre la relation toxique de Sarah avec son compagnon dealeur de drogues Victor et, celle de Beth avec Paul, qui, en plus d’être son compagnon, l’espionne pour le compte de l’Institut Dyad, les depictions des relations de couple dans les tous premiers épisodes de la série sont très orientées en faveur du patriarcat. Ce sont des situations dans lesquelles l’homme de la relation tente de contrôler tous les faits et gestes de sa compagne mais également de la contrôler mentalement en exerçant sur elle une pression morale. Ce qui est pour moi intéressant, au delà de cette représentation fidèle des relations toxiques, est que, non seulement ils ne se sont pas arrêtés à montrer ce schéma dans les relations de couple, ils ont étendu cette possibilité aux relations professionnelles et familiales mais ils ont également, au fil de la série, déconstruit ces modèles en permettant aux personnages féminins de se libérer de ces emprises, certes parfois avec des coups très lourds, de regagner une indépendance et de se retrouver elles-mêmes et non la version altérée par les figures masculines de leur environnement. 


De plus, de part l’existence même de clones, la série aborde le sujet de l’exploitation du corps et notamment du corps de la femme. SPOILER Entre le fait que l’ADN souche utilisé pour créer les deux familles de clones provienne d’une seule et même femme, Kendall Malone, mais également qu’ils soient à la recherche de Sarah et d’Helena car ce sont les deux seuls clones à avoir la capacité de donner la vie, chose qui jusque là dans les expérimentations n’était pas possible, le corps de la femme est utilisé comme un outil à des fins d’assouvir une recherche malsaine menée par des scientifiques au delà du respect pour l’existence humaine comme on la connait. FIN SPOILER 


Cette série est empreinte de personnages féminins très forts, que ce soit les clones interprétés par Tatiana Maslany mais également Madame S -interprétée par Maria Doyle Kennedy- ou encore le docteure Delphine Cormier -interprétée par Evelyne Brochu-, et c’est une belle façon, à mon sens, de populariser dans les mentalités des spectateurs que déconstruire le patriarcat n’est pas une mauvaise chose et ne conduira pas à la fin du monde comme certains semblent le penser… Une évolution, qu’elle soit morale, sociologique, scientifique ou autre, n’est pas forcément une mauvaise chose, il faut l’accueillir et essayer de la comprendre avant de l’estimer directement comme un danger à éradiquer.


Mais au-delà de cet aspect, il y a pour moi une réelle remise en question du monde capitaliste qui est prêt à tolérer voir encourager toutes les expériences si tant est qu’elles soient profitables. Bien avant les Elon Musk et son Neuralink lancé en 2016, la série avait déjà compris et entrepris de dénoncer les potentielles dérives des évolutions technologiques dans le domaine médical. Je ne dis pas qu’il y aurait pas des avantages à de tels progrès particulièrement si cela permet d’améliorer ou de sauver des vies si tant est qu’ils soient encadrés par des règles strictes, notamment au sujet des expérimentations, qu’elles soient animales ou humaines comme l’avait été le Projet Dolly vers la fin des années 90 en Ecosse et auquel la thématique même de la série fait référence. 

Pour petite recontextuaelition, pour celles et ceux d’entre vous qui ne le sauraient pas, le Projet Dolly est une brebis célèbre pour être le premier clone de mammifère de l'histoire, obtenu à partir d'un noyau de la glande mammaire d'une brebis adulte. Le noyau de cette cellule contenant la totalité du patrimoine génétique est injecté à l'intérieur d'un ovule d'une autre brebis dont le noyau original a lui-même été préalablement retiré. Ainsi l'ADN nucléaire de la première brebis remplace celui de la seconde dans l'ovule de cette dernière. 277 cellules-œufs sont créées ; elles donnent naissance à environ 30 embryons. Un seul d'entre eux se développe jusqu'à l'âge adulte. Pour la première fois, un être viable issu de cette technique de clonage survit. Les scientifiques écossais appellent la brebis « Dolly » en référence à une chanteuse américaine, Dolly Parton, réputée pour la générosité de sa poitrine, car le clonage a été réalisé à partir de cellules de glande mammaire. 

Le phénomène médiatique autour de ce projet a vu se diffuser l'idée fausse qu'un clone est la copie conforme d'un autre individu. L'identité est celle de l'ADN nucléaire, ce qui implique que le clone n'est ni génétiquement identique à un autre individu puisque le patrimoine génétique est composé de l'ADN nucléaire contenu dans le noyau des cellules de l'organisme et de l'ADN mitochondrial contenu notamment dans le cytoplasme de l'ovule (donc aussi dans l'ovule énucléé) ; ni une physionomie identique en conséquence du rôle du milieu dans lequel s'exprime l'ADN, et même si une grande ressemblance existe, elle est finalement moindre que celle qui existe entre des jumeaux homozygotes. 

Le clonage à partir de cellules différenciées d'un organisme adulte constitue une avancée importante dans le monde scientifique. En effet, il prouve que la régulation de l'expression des gènes est réversible et il ouvre la porte à la production d'animaux transgéniques (qui possèdent des gènes en plus, par exemple des gènes qui codent des protéines humaines utilisées à des fins médicales) ou d'animaux présentant des qualités particulières. Il pourrait s'agir d'une technique intéressante pour sauvegarder les espèces en voie de disparition. 

La même équipe écossaise a cloné 13 brebis, dont 4 en 2007 (Debbie, Denise, Diana et Daisy) à partir de la lignée de cellules de glande mammaire ayant permis la naissance de Dolly 10 ans plus tôt. Contrairement à Dolly, ces brebis ne montrent pas de signes de vieillissement accéléré. Alors que moins de 3 % des embryons clonés parvenaient à naître en bonne santé en 1996, cette proportion a dépassé 20 % pour la cohorte de brebis en 2016.

À mes yeux, les potentielles dérives scientifiques de telles découvertes sont une des choses contre lesquelles la série veut nous mettre en garde et c’est tout à son crédit quand on voit dans les médias aujourd’hui toutes les folies que les laboratoires sont capables de produire sous couvert de financements privés…  Tout progrès est bon à prendre tant qu’il est utile pour améliorer le confort de vie de chacun mais également tant qu’il est accessible par tous et non réservé à une classe de privilégiés qui ont les moyens financiers de se l’offrir. Je vous joins ici-même le lien d’un article qui parle plus en profondeur de la criminalité biomédicale présente dans Orphan Black.


Enfin, je voudrais parler aussi de la représentation dans cette série. Avec un casting majoritairement féminin grâce aux différents clones interprétés par Tatiana Maslany, la série offre un panel très divers de personnages féminins mais pas que. Elle offre également une belle représentation de personnages LGBT que je ne nommerai pas pour vous garder la surprise. Que ce soit plusieurs couples lesbiens, des rencontres gays ou encore un personnage transgenre, la série fait la part belle à cette communauté qui, pour une fois à l’époque, est représentée hors des clichés. En effet, iels sont dépeints comme n’importe quelle personne hétérosexuelle ou cisgenre (cisgenre : personne en accord avec son genre de naissance, contraire de transgenre) et c’est rafraîchissant de ne pas retrouver les facilités sénaristiques trop souvent utilisée ou encore d’avoir des personnages dépeints comme des personnages excessifs, des “freaks”. Quelle que soit votre orientation sexuelle ou votre identité de genre, chacun.e à droit au respect de sa personne et ça a été pour moi à l’époque un véritable baume de voir de tels personnages sur mon écran.


PRODUCTION

Le choix de casting pour interpréter le rôle principal a été annoncé le 17 septembre 2012. Bien que l'acteur canadien Elliot Page ait été envisagé pour le rôle principal, Susan et Sharon Forrest en charge du casting de la série choisirent de confier le rôle à une autre canadienne, Tatiana Maslany. Le reste du casting principal a été annoncé fin octobre 2012 alors que le tournage de la première saison commençait à Toronto.


En mars 2014, BBC Worldwide North America a signé un accord avec Amazon pour les droits de diffusion exclusifs de la série sur Amazon Prime Instant Video. La qualité de la série, qui mérite d'être visionnée d’un trait, a été citée comme l'une des principales raisons de l'intérêt d'Amazon. En avril 2014, la diffusion du premier épisode de la deuxième saison de la série a enregistré une augmentation de 91 % d'audience sur la tranche d'âge des 18-49 ans en cumul des audiences de diffusion à la télévision plus celles d’Amazon Prime Instant Video. En effet, cette hausse peut s’expliquer par la possibilité de voir l’épisode après sa diffusion qui facilite son visionnage par les spectateurs. Il s'agit là de la plus forte augmentation pour toute première diffusion d'une série dramatique sur le câble pour cette saison.


En avril 2014, l'écrivain Stephen Hendricks a intenté un procès contre la BBC et Temple Street pour 5 millions de dollars, alléguant qu'ils avaient lui volé l'idée d'Orphan Black. Il avait soumis un scénario écrit à la fin des années 1990, intitulé Double Double à Temple Street en 2004 qui l’avait alors examiné et finalement rejeté.


EFFETS SPÉCIAUX ET ANECDOTES DE TOURNAGE

  • Les scènes où Tatiana Maslany a plusieurs rôles simultanés furent filmées plusieurs fois avec des caméras de contrôle de mouvement montées sur chariot qui reproduisent le mouvement entre chaque prise. Cet appareil, le Technodolly, est appelé le « Time Vampire » sur le plateau d'Orphan Black en raison du temps que prennent plusieurs scènes de clones dans le calendrier de production. Dans ces scènes, Tatiana Maslany joue d'abord la scène avec sa doublure Kathryn Alexandre dans le rôle de clone alternatif, puis seule dans le même rôle de clone, puis seule dans le clone alternatif, puis une quatrième fois avec la scène filmée avec juste le mouvement de la caméra pour une plaque d'arrière-plan. Des balles de tennis suspendues aident l’actrice à conserver les lignes de vue appropriées. En postproduction, Kathryn Alexandre et les balles de tennis sont remplacées par les images de Tatiana Maslany des prises de vue alternatives, permettant ainsi plus d'action dans les scènes où elle interagit avec elle-même. Dans la finale de la saison 2, lorsqu'une scène a exigé la présence de quatre clones différents, deux jours de tournage et plusieurs doublures corporelles supplémentaires ont été utilisés pour créer l'effet, et le travail de postproduction de Geoff Scott et de son équipe chez Intelligent Creatures VFX aurait pris des centaines d'heures à terminer.

  • Tatiana Maslany a créé différentes listes de lecture de musique pour aider à distinguer les nombreuses personnalités de clones qu'elle incarne. Elle a également utilisé la danse pour développer la physicalité des personnages, y compris leurs postures, leurs gestes et leurs mouvements, et s'est appuyée sur son expérience en improvisation pour développer les personnages plus pleinement.

  • Le personnage de Cosima doit son nom à l'historienne des sciences Cosima Herter, une amie du showrunner Graeme Mason et consultante scientifique sur la série. Cosima Herter travaille en effet avec les scénaristes pour garantir la plausibilité du clonage et d'autres aspects scientifiques de la série, ainsi que la complexité des préoccupations philosophiques et éthiques que la série soulève. 

  • Le maquilleur Stephen Lynch, la coiffeuse Sandy Sokolowski et la responsable du département garde-robe Debra Hanson jouent un rôle déterminant dans la création des différences visuelles nécessaires pour distinguer chaque clone. En effet, leur travail est souvent utilisé pour développer la personnalité des personnages avant que des lignes de dialogue ne soient même écrites. Les scénaristes se servent du caractère de chaque personnalité qui transparaît à travers leurs apparences physiques et vestimentaires afin de peaufiner les ambiances et nuances de caractère des personnages.

  • Les dessins de la fille de Sarah, Kira, dans la série sont créés par Sash Kosovic, membre du département artistique.


  • Au cours de la saison 4, une référence au clonage scientifique de la brebis Dolly est faite grâce à un masque représentant une tête de brebis porté par un personnage afin de garder secrète son identité.

LIEUX DE TOURNAGE

Orphan Black a été tourné à Toronto, en Ontario mais il n’est pas précisé si la série se déroulait au Canada. Graeme Mason a déclaré, en 2014, que le décor était délibérément ambigu. « C'est censé être Generica. Cela fait partie du prix à payer pour ce genre de coproduction. ». John Fawcett a acquiescé, affirmant que « pour être honnête, nous ne voulons pas dire que nous sommes américains et aliéner les canadiens, ou dire que nous sommes canadiens et aliéner les américains. Le fait est que nous sommes une grande famille heureuse. Nous sommes juste un peu plus au nord que vous. ». Tara Ariano de Grantland a soutenu que cette ambiguïté est « une nouvelle façon audacieuse pour un producteur de travailler dans le cadre des restrictions du CanadaCon : placer son émission au Canada (techniquement), employer une équipe canadienne, la diffuser sur une chaîne canadienne... et faire de la place pour des stars invitées récurrentes comme Maria Doyle Kennedy... en attribuant à un canadien près d'une douzaine de rôles. ».


Mais au delà de ça, le lieu de tournage canadien était apparent grâce à des détails tels que les plaques d'immatriculation de l'Ontario, les permis de conduire de Beth et de Mme S. de l'Ontario, la monnaie utilisée, les références scénarisées à la banlieue de Scarborough, en Ontario, et à Parkdale, à Toronto, et un billet d'avion dans l'épisode pilote identifiant l'aéroport international Pearson de Toronto. Bridgepoint Health et Don Jail de Toronto sont des doublures pour l'extérieur de l’Institut Dyad. Les scènes se déroulant dans la banlieue de Scarborough où vit Alison sont en fait tournées à Markham, en Ontario, une banlieue immédiatement au nord de Scarborough. Cependant, les détails sont souvent délibérément occultés; les prononciations américaines de mots comme « lieutenant » sont utilisées.


La coproduction a également influé un autre aspect important de la série : l'accent et les origines britanniques de Sarah. John Fawcett a expliqué que BBC America leur avait demandé de rendre le personnage principal britannique, ce qu'elle n'était pas à l'origine, pour mieux correspondre à la marque BBC. John Fawcett, cependant, a vu cette directive comme un avantage, car elle permettait de différencier facilement Sarah des autres clones et d'élargir la portée géographique de l'intrigue de la série.


AUTRES MÉDIUMS

COMICS

En juillet 2014, une série de bandes dessinées publiée par IDW Publishing a été annoncée. La série, dont le premier numéro est sorti en février 2015, est co-écrite par les créateurs de la série John Fawcett et Graeme Manson. Un nouveau numéro a été publié mensuellement jusqu'en juillet 2015, date à laquelle le dernier des cinq numéros sous contrat a été publié. Les numéros dans l'ordre présentent Sarah, Helena, Alison, Cosima et Rachel.

La mini-série de bandes dessinées a été conçue comme un moyen de transmettre des informations sur le passé et l'enfance des clones sans interrompre le rythme rapide de la série télévisée. Elle est présentée comme un univers étendu qui propose des événements hors écran non montrés dans les épisodes. Les bandes dessinées sont directement liées aux événements de la première saison de la série afin d'ancrer les bandes dessinées dans l'univers déjà établi. La mini-série offre au public l'opportunité de mieux comprendre les émotions, les pensées et les sentiments qui sous-tendent les personnages de la série télévisée.

En août 2015, la conclusion de la bande dessinée a révélé un autre clone conscient de lui-même : Veera Suominen. On pensait qu'elle était l'un des clones exécutés à Helsinki mais elle a survécu. La bande dessinée suivante intitulée Orphan Black: Helsinki, publiée en novembre 2015, développe son personnage.

SÉRIE AUDIO

En juin 2019, une série audio de 10 épisodes intitulée Orphan Black : The Next Chapter a été annoncée, avec Tatiana Maslany reprenant son rôle. Servant de continuation officielle de la série, elle se déroule huit ans après le final de la série. Malka Older est la showrunner avec Mishell Baker, Lindsay Smith, Heli Kennedy, Madeline Ashby et E.C. Myers comme scénaristes. 


La ​​série est diffusée via la plateforme Serial Box et le premier épisode a été mis à disposition le 12 septembre 2019. Depuis elle est trouvable sur Youtube via le lien ci-dessus ou encore sur Spotify et Audible.


Une deuxième saison a été diffusée en octobre 2021, coproduite par Realm et AMC Networks, ajoutant les membres originaux du casting Jordan Gavaris, Kristian Bruun et Evelyne Brochu au casting.


SPIN-OFF

En mars 2019, il a été annoncé qu'une nouvelle série se déroulant dans l'univers d'Orphan Black était en phase de développement chez AMC, pour être produite par Temple Street Productions tout comme l’avait été Orphan Black. En février 2022, il a été annoncé qu'Anna Fishko serait la scénariste de cette nouvelle histoire se déroulant trente-sept ans après la fin de la série originale.

Intitulée Orphan Black: Echoes, la série suit Kira Manning -interprétée par Keeley Hawes-, désormais adulte et devenue docteure, et sa femme Eleanor -interprétée par Rya Kihlstedt, alors qu'elles tentent d'aider une femme nommée Lucy -interprétée par Krysten Ritter (Jessica Jones, Don’t Trust the B*tch in Apartment 23)- qui est devenue amnésique suite à une chirurgie qu’elle a subi.


Une première saison de dix épisodes a commencé sa sortie en juin 2024 et, jusqu’ici, nous ne savons pas si la série sera renouvelée pour une seconde saison car la diffusion de la saison 1 se terminera fin août aux Etats-Unis. La créatrice de la série, Anna Fishko, a cependant révélé qu’elle avait toute la trame de l’histoire déjà prévue et était prête à continuer le projet si les audiences de la série le permettent. Seul le futur nous dira donc si nous aurons la suite de cette aventure… 


Nous retrouvons dans la série originale les présences de Jordan Gavaris qui jouait Felix, le frère adoptif de Sarah et donc l’oncle de Kira, ainsi que Evelyne Brochu qui interprétait la Docteure Delphine Cormier, la compagne de Cosima et chercheuse en génétique. Le thème de la série originale composé par Two Fingers est également repris comme générique de fin pour le spin-off.


MUSIQUE

En mai 2015, deux compilations de la bande sonore de la série ont été publiées par Varèse Sarabande Records. Ces deux compilations comprennent la musique des saisons 1 et 2 avec des compositions faites par Trevor Yuile pour la série mais aussi des musiques faites par d'autres artistes tels que Tears For Fears et présentées dans Orphan Black.


Le thème principal de la série, intitulé Theme From Orphan Black, est composé et interprété par Two Fingers, un musicien-compositeur et producteur de musique électronique brésilien, et figure sur les deux compilations.


Je vous joins également comme d’habitude le lien pour écouter l’entièreté de la bande musicale de la série. Tout comme l’a fait Tatiana Maslany pour s’imprégner de ses personnages, je trouve que la bande-son reflète parfaitement les différentes personnalités des clones mais elle souligne également chaque aspect des enjeux de l’intrigue.


CONCLUSION

Et voilà pour cette série ! Encore navré des délais de retard, c'était un gros morceau pour moi à rédiger. J'espère que vous aurez pris tout de même du plaisir à lire tout cela et qu'éventuellement je suis parvenu à vous donner envie de regarder la série.


Je suis conscient que de part sa thématique certaines scènes peuvent être délicates à regarder pour certains car les sujets abordés par la série sont très réels et je trouve que l'on peut facilement en tant que spectateur nous identifier à certains personnages ou du moins compatir aux épreuves qu'ils traversent.


J'avais beaucoup aimé la découvrir à sa sortie et j'espère que j'aurai l'occasion de la regarder de nouveau avec des yeux plus avertis au regard des thématiques qui sont abordées.


En ce qui concerne les comics, le spin-off ainsi que la série audio, je n'ai pas encore eu le loisir de me plonger dedans et bien que j'aimerai, j'ai peur que cela entâche le bon souvenir que je garde de la série. Mais ne jamais dire jamais alors pourquoi pas peut-être un jour ...


Sur ce, je vais vous laisser après cet article bien trop long !


Je vous souhaite comme toujours une belle semaine et de bons visionnages et je vous dis à la prochaine lecture !


Eli

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